Notes d'allocution pour l'Honorable Beverley J. Oda, Ministre de la coopération internationale à l'occasion de la 16eConférence annuelle canadienne sur la santé internationale
Le 27 octobre 2009
Ottawa (Ontario)
Bonjour Mesdames et Messieurs.
Je suis heureuse d'être avec vous ici aujourd'hui à l'occasion de votre 16e Conférence annuelle sur la santé internationale.
Je tiens à souhaiter la bienvenue à nos amis et collègues de l'étranger.
Plusieurs d'entre vous sont les principaux partenaires du Canada dans les efforts qu'il déploie pour améliorer la santé ainsi que les soins de santé pour les personnes qui vivent dans les pays en développement.
Dans le cadre de cette conférence, vous poursuivez une mission capitale, puisqu'un nombre important de vies dépendent des efforts que vous déployez pour réduire les inégalités mondiales en matière de santé, renforcer les systèmes de santé et ettre en place des réseaux du savoir sur la santé dans le monde.
Comme nous le savons tous, le fardeau des maladies pèse davantage sur les plus pauvres.
Grâce à votre dévouement et à votre détermination, vous répondez aux attentes de près d'un milliard de personnes qui vivent dans la pauvreté.
Nous sommes aujourd'hui confrontés aux conséquences et aux réalités d'une société mondiale en expansion.
La récession économique mondiale a entraîné des millions de personnes de plus dans la pauvreté.
Ces personnes sont les plus vulnérables, les plus difficiles à rejoindre et les moins outillées pour relever les défis qui se posent aujourd'hui.
Le Canada a toujours grandement soutenu l'amélioration de la santé et des systèmes de soins de santé dans le cadre de ses activités internationales.
Près de 25 % de l'aide canadienne au développement est consacrée à la santé.
Depuis quarante ans, grâce à notre collaboration avec nos partenaires, nous avons tous pu observer des améliorations au niveau des soins de santé.
Les données avancées par l'UNICEF, la Banque mondiale et l'OMS montrent une réduction d'environ 25 % du nombre de décès chez les enfants de moins de cinq ans depuis 1990.
Ce résultat positif peut être attribué aux programmes de vaccination, aux suppléments de vitamine A fournis aux enfants et à la distribution à grande échelle de moustiquaires de lit imprégnées d'insecticides pour lutter contre le paludisme.
Je suis fière que le Canada soit le premier donateur en importance pour les programmes de suppléments de vitamine A et la distribution de moustiquaires de lit, et qu'il contribue largement aux programmes de vaccination.
En outre, le Canada a joué un rôle clé dans les efforts qui ont été faits pour réduire l'incidence de la rougeole de 75 % en moins de dix ans.
La plus grande contribution de tous les temps du gouvernement du Canada dans le domaine de la santé touche le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, lequel a réussi jusqu'ici à mobiliser plus de 14 milliards de dollars et à sauver des millions de vies.
Ces dix dernières années, le nombre de personnes qui reçoivent un traitement contre la tuberculose a triplé.
Le Canada est le premier donateur en importance dans le monde pour ce qui est de fournir des antituberculeux de base.
Je sais que nombre d'entre vous travaillent avec acharnement pour atteindre les objectifs en matière de lutte contre le VIH/sida.
Pour sa part, l'ACDI a versé plus de 500 millions de dollars entre 2005-2006 et 2007-2008 pour contrer cette épidémie dans les pays en développement.
De ce montant, près de 111 millions de dollars sont attribués à l'Initiative canadienne pour un vaccin contre le VIH, en collaboration avec la Fondation Bill et Melinda Gates, pour favoriser le développement d'un vaccin contre le VIH qui soit sûr, efficace et abordable.
Dans le cadre de ses programmes de lutte contre le sida, l'ACDI veille à ce que des services médicaux, de l'éducation et des soins communautaires soient fournis à 2,8 millions d'orphelins du sida.
En Afghanistan, notre gouvernement a engagé 60 millions de dollars pour éradiquer la poliomyélite; plus de sept millions d'enfants afghans de moins de cinq ans ont été vaccinés.
L'Organisation mondiale de la santé a déclaré que les régions du nord et du nord-ouest de l'Afghanistan sont maintenant exemptes de poliomyélite.
Et nous jouons un rôle de chef de file dans le cadre des activités mondiales en santé, comme l'Initiative pour sauver un million de vies, que coordonne le Canada.
Cette initiative permettra de renforcer les systèmes de soins de santé grâce à la formation de 40 000 travailleurs de la santé en Afrique seulement, et au renforcement des capacités et de l'expérience en matière de prestation de soins de santé de base.
Dans le cadre de son engagement décennal en faveur de l'Initiative sur les systèmes de santé en Afrique, le Canada appuie les efforts initiés par les pays africains pour mettre en oeuvre leurs plans stratégiques nationaux pour le secteur de la santé et ainsi résoudre les graves problèmes nationaux et transfrontaliers à cet égard.
Voilà des réalisations importantes dans le cadre des activités que nous menons ensemble pour améliorer la santé des plus démunis. Et le Canada peut être fier du rôle qu'il y a joué.
Au cours du dernier exercice financier, l'ACDI a dépensé environ 785 millions de dollars pour des interventions essentielles à l'amélioration de la santé.
Comme vous le savez, le Canada fait lui aussi face aux répercussions de la récession mondiale et ce, de manière responsable.
Je suis fière de dire que le Canada est l'un des pays qui n'a pas, je répète, n'a pas réduit son aide internationale cette année; il l'a plutôt augmentée.
Cependant, nos efforts concertés ne doivent pas être mesurés seulement en dollars, mais aussi en résultats durables et efficaces.
C'est pourquoi notre gouvernement a pris des mesures concrètes pour faire en sorte que l'aide canadienne soit efficace, mieux ciblée et plus transparente.
Tout d'abord, nous avons défini des priorités géographiques et thématiques.
Nous avons également annoncé que la totalité de l'aide alimentaire canadienne ainsi que l'aide non alimentaire seront déliées d'ici 2013.
Plus tôt ce mois-ci, j'ai présenté notre Stratégie sur la sécurité alimentaire, qui est l'une de nos priorités thématiques, les deux autres visant à assurer de meilleures perspectives d'avenir pour les enfants et les jeunes et à stimuler une croissance économique durable.
Notre Stratégie sur la sécurité alimentaire englobe plusieurs aspects qui vous intéresseront car ils s'étendent à l'amélioration de la santé des plus démunis dans les pays en développement.
La Stratégie repose sur trois grands axes - l'aide alimentaire et la nutrition, le soutien à l'agriculture, ainsi que la recherche et le développement.
Comme l'a dit la directrice du Programme alimentaire mondial, « l'alimentation est essentielle à la sauvegarde de la vie humaine ».
En fait, la faim et la malnutrition causent plus de décès que le sida, le paludisme et la tuberculose combinés.
L'an dernier, en 2008, le Canada s'est classé troisième parmi les pays donateurs du Programme alimentaire mondial.
Et il continuera d'intervenir dans les situations d'urgence alimentaire et de chercher avec ses partenaires des façons nouvelles et améliorées de fournir des denrées alimentaires et de les gérer, de manière à réagir rapidement aux crises.
Compte tenu de notre appui récent au nouveau programme du PAM intitulé Des achats pour le progrès, le PAM considère le Canada comme l'un de ses partenaires les plus sûrs et les plus créatifs dans la lutte contre la faim.
Le Canada assume actuellement la vice-présidence de la Convention internationale relative à l'aide alimentaire. Il a réussi à faire ajouter les micronutriments à la liste des denrées alimentaires visées par la Convention, afin de s'assurer de la qualité de l'aide alimentaire.
Des millions de personnes parmi les plus vulnérables dans le monde souffrent de malnutrition, laquelle entraîne des maladies, la cécité, des troubles mentaux et la mort.
En 2008, dans le cadre du Consensus de Copenhague, il a été déterminé que d'investir dans les micronutriments était le moyen le plus efficace d'utiliser les dollars de l'aide dans le monde.
Dans le cadre de la Stratégie sur la sécurité alimentaire, l'ACDI misera sur ses activités en cours, comme l'Initiative pour sauver un million de vies. Elle intensifiera ses programmes sur les micronutriments et privilégiera les suppléments nutritifs, comme la vitamine A et l'enrichissement des aliments, par exemple au moyen de l'iodation du sel, comme composantes de base des programmes mondiaux sur la sécurité alimentaire.
Notre soutien à l'agriculture repose sur le fait que les petits exploitants agricoles produisent près de 80 % de la nourriture que consomment de nombreux pays en développement.
L'ACDI entend accroître son soutien à l'agriculture en faveur d'une sécurité alimentaire durable, tout en contribuant à améliorer la santé des individus et à favoriser la croissance économique.
En juillet de cette année, le premier ministre a annoncé que le Canada s'engage à verser un montant additionnel de 600 millions de dollars, sur trois ans, pour le développement agricole.
L'appui du Canada permettra d'aider les petits exploitants agricoles, dont la majorité sont des femmes, à améliorer leurs pratiques commerciales, à remettre en valeur leurs terres agricoles, à avoir accès à du crédit et à développer leurs marchés.
Toutefois, même dans les meilleures conditions, le développement agricole est rarement facile. Le coût des facteurs de production agricole est élevé, le bétail contracte des maladies. Également, les récoltes et leur valeur nutritive doivent être améliorées et le climat influe constamment sur les récoltes.
Par conséquent, les populations des pays en développement doivent constamment trouver de nouvelles solutions pour atteindre une sécurité alimentaire et la maintenir.
Ainsi, en plus de notre engagement accru dans le domaine de l'agriculture, j'ai annoncé avec plaisir, il y a à peine dix jours, la création du Fonds canadien de recherche internationale sur la sécurité alimentaire, mené en partenariat avec le CRDI, pour soutenir la recherche appliquée effectuée en collaboration avec les pays en développement.
Ce Fonds permettra de financer la recherche appliquée afin de régler les problèmes immédiats et réels dans les pays en développement.
Les compétences et le savoir du Canada contribueront largement aux travaux sur la résistance des récoltes, à l'amélioration de leur valeur nutritive et à la recherche de moyens pour éliminer les maladies qui affectent les plantes et les animaux et qui pourraient être transmises aux humains.
Comme je l'ai dit auparavant, la sécurité alimentaire n'est que l'une des nouvelles priorités thématiques du gouvernement.
Nous présenterons très bientôt notre nouvelle stratégie visant à assurer de meilleures perspectives d'avenir pour les enfants et les jeunes.
Je tiens à remercier ceux et celles qui ont participé aux tables rondes de l'ACDI sur les trois thèmes.
Il va sans dire que la santé des enfants dans les pays en développement devra bénéficier d'un appui soutenu de notre part; il y a encore 8,8 millions d'enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année.
Nos interventions, pour chacune des priorités thématiques, doivent être efficaces, transparentes et responsables afin de pouvoir générer les résultats durables que nous souhaitons tous obtenir.
L'ACDI continuera de respecter son Programme d'action en matière d'efficacité de l'aide et de chercher des moyens d'améliorer encore plus la vie des populations dans les pays en développement.
Dans le cadre des discussions et des débats que vous aurez aujourd'hui sur le travail à venir, je vous invite à trouver :