Les 1er et 2 novembre 2010, à Ottawa (Ontario)
La ministre Oda a ouvert la table ronde en remerciant les participants de leur soutien et de leurs conseils. Elle a enchaîné en mentionnant que l'initiative prioritaire mise de l'avant par le Canada lors du Sommet du G8 au sujet de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE) est un effort collectif. La ministre a indiqué que le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a souligné le rôle de premier plan du Canada dans l'Initiative de Muskoka, et s'est dit heureuse que le pays ait largement contribué à la Stratégie mondiale du Secrétaire général de l'ONU pour la santé de la femme et de l'enfant.
La ministre a fourni des détails sur la façon dont l'ACDI répartira sa contribution de 1,1 milliard de dollars à l'Initiative de Muskoka, en mettant en évidence ses trois domaines d'intervention, à savoir le renforcement des systèmes de santé, l'amélioration de la nutrition et la réduction du fardeau des maladies qui tuent les mères et les enfants. L'ACDI s'attachera entre autres à aider les pays partenaires à offrir des services de santé maternelle et infantile complets et intégrés aux mères, aux nouveau-nés et aux enfants au niveau local.
La ministre Oda a fait remarquer que le Canada tire de nombreux avantages du partenariat qu'il a établi avec des organisations et des spécialistes canadiens ainsi que de leur engagement actif, et qu'elle entend maintenir cette collaboration. Comme elle l'a expliqué, cette table ronde avait pour but de discuter de certaines questions épineuses liées à la prestation de services en ce qui concerne la SMNE, mais aussi d'examiner la façon dont les partenaires susmentionnés pourraient continuer de conseiller l'ACDI au cours des prochaines années.
Au cours de cette table ronde, il y a eu trois séances thématiques portant sur les domaines d'intervention prévus dans l'Initiative de Muskoka (le renforcement des systèmes de santé, l'amélioration de la nutrition et la réduction du fardeau des maladies). Il a aussi été question de la responsabilité mutuelle et des prochaines étapes.
Question 1 : Comment pouvons-nous travailler ensemble pour mieux aider nos pays partenaires à atteindre le résultat ultime d'une prestation de services soins de santé maternelle et infantile complets et intégrés dans les collectivités?
Question 2 : Quelles mesures concrètes le Canada devrait-il prendre pour accroître la coordination et l'harmonisation au niveau des pays partenaires?
Question 3 : Comment devons-nous opérationnaliser cette approche dans les pays, au niveau local?
Les participants ont souligné la nécessité de recourir à des stratégies et à des plans nationaux ainsi que de demander l'aide des collectivités pour trouver des solutions qui tiennent compte de leur culture afin d'assurer la durabilité des investissements du Canada. L'intégration des services de santé - tout comme la prise en considération des déterminants liés à la santé et des activités de promotion de la santé - a été qualifiée d'indispensable à la réussite des programmes, de paire avec la contribution fondamentale des travailleurs de la santé àa la prestation de ces services intégrés. Les participants reconnaissent que la majorité des décès maternels et infantiles surviennent dans la collectivité, mais le rôle précis que jouent les travailleurs de la santé communautaire dans la prestation de services dans le secteur de la SMNE diffère d'un pays à l'autre.
Il est essentiel d'avoir de meilleures données liées à la SMNE afin de renforcer les systèmes de santé, de même que de déterminer la meilleure façon d'utiliser les technologies émergentes afin de recueillir des renseignements sur des événements, comme la grossesse, la naissance et le décès. Voilà l'occasion de mettre à contribution le secteur privé, tant au Canada et que dans les pays partenaires. Les participants ont souligné les atouts exceptionnels des Canadiens dans le domaine de l'intégration des services de santé, mais précisé qu'il faut mieux exploiter les compétences qui existent.
Question 1 : Comment mettrons-nous en évidence, dans cinq ans, les réalisations de l'Initiative de Muskoka?
Question 2 : Comment nous assurons-nous que les investissements dans le secteur de la SMNE donnent des résultats durables sur le terrain?
Question 3 : Quelles mesures, fondées sur les meilleures données scientifiques, devrions-nous utiliser comme référence commune?
Question 4 : Comment nous assurons-nous que les professionnels de la santé participent aux discussions, au niveau des pays partenaires?
Les participants ont convenu que la disponibilité de renseignements opportuns et exacts sur la santé des femmes, des nouveau-nés et des enfants constitue une première étape cruciale, soutenue par l'établissement de définitions, de cibles et d'indicateurs clairs. On souligne qu'il faudrait faire le suivi de divers extrants et indicateurs de rendement afin de mesurer l'efficacité et les répercussions des programmes de l'ACDI, d'autant plus que la réduction significative du taux de mortalité des mères, des nouveau-nés et des enfants représente un défi à plus long terme.
Les participants ont souligné la nécessité que tous les partenaires montrent leur sens d'imputabilité au moyen d'outils, comme des codes de conduite, des déclarations volontaires et l'établissement de normes. Cette obligation s'ajoute au suivi des engagements financiers.
Question : Comment le Canada peut-il mettre à profit sa solide tradition d'innovation et de soutien en matière de nutrition pour soutenir l'intégration des programmes de nutrition dans les systèmes de santé nationaux?
Les participants ont appuyé sans réserve les efforts d'intégration des programmes de nutrition dans les plateformes et les systèmes de prestation de soins de santé, exhortant l'ACDI à accorder une place importante à la nutrition dans toutes ses priorités. À titre d'exemple précis, les participants ont mentionné que les Journées de la santé des enfants sont une occasion d'intégrer les interventions et l'éducation en matière de nutrition et de santé dans la prestation des services de santé courants. Les participants ont aussi souligné l'importance de tenir compte des déterminants connexes de la nutrition maternelle et infantile, y compris ceux liés à l'égalité entre les hommes et les femmes, à l'eau et à l'assainissement, au VIH/sida et à la croissance économique.
Les participants ont insisté sur l'importance de veiller à ce que la nutrition fasse partie d'un ensemble commun d'interventions pour assurer la SMNE. En outre, ils ont suggéré que le Canada accorde la priorité aux indicateurs faciles à mesurer et à obtenir, comme le poids de naissance et le poids selon l'âge.
Enfin, on a recommandé que le Canada joue un rôle de premier plan dans le soutien des partenariats avec les pays en développement, dans l'élaboration de stratégies de nutrition multisectorielles et dans l'amélioration de l'intégration de la nutrition dans les plans, les priorités et les systèmes nationaux.
Question : Quelles mesures le Canada peut-il prendre pour promouvoir des approches verticales de réduction du fardeau des principales causes de mortalité, comme la pneumonie, la diarrhée et le paludisme, afin de mieux harmoniser les services de santé complets et intégrés, au niveau de la collectivité?
Les participants ont reconnu les avantages que procure l'alignement de la contribution du Canada dans l'ensemble des mécanismes (aide bilatérale et multilatérale et ONG) afin de soutenir des stratégies de soins de santé nationales, en insistant sur le fait qu'une approche axée sur les systèmes de santé en ce qui concerne les soins de santé, le traitement et la réduction des maladies nécessite des solutions multisectorielles au niveaux national et communautaire. Les participants ont insisté sur le fait que le système est souvent un frein à la prestation de services. Parfois, les obstacles sont d'ordre social, culturel ou politique. De plus, les participants ont souligné que les taux de morbidité et de mortalité doivent être pris en considération dans l'examen du fardeau des maladies.
Les participants ont aussi encouragé l'ACDI à aider ses gouvernements partenaires à mieux intégrer le travail associé à des approches de lutte contre des maladies précises dans les systèmes de santé nationaux, tout en se servant de son influence pour encourager l'intégration d'initiatives mondiales en santé au niveau du pays. Comme un participant l'a mentionné, le financement encourage l'intégration.
Les participants ont appuyé sans réserve un ensemble universel d'interventions pour donner aux travailleurs de première ligne les outils, l'équipement et les médicaments dont ils ont besoin. Ils privilégiaient une approche pratique qui répond aux besoins essentiels des mères et des enfants sans entraîner de surcharge pour les collectivités et les travailleurs de la santé locaux.
Question 1 : En votre qualité d'intervenants canadiens, quels engagements êtes-vous prêts à prendre pour aligner vos activités avec les plans nationaux en santé et éviter les systèmes parallèles?
Question 2 : Quelles pratiques permettent de renforcer les partenariats canadiens et internationaux à l'appui de la SMNE?
Les participants ont encouragé la création d'équipes de pays afin de structurer le travail et la collaboration future liés à la SMNE, notamment un exercice de mise en correspondance pour déterminer les engagements et les programmes actuels ainsi que la capacité de gestion de l'information des gouvernements nationaux. Les participants ont reconnu les avantages de contribuer à un plan collaboratif, dirigé par le pays lui-même, dont un groupe sera chargé d'assurer le suivi et l'évaluation.
Les participants ont bien accueilli la proposition d'établir une version canadienne du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant (PMNCH) afin de structurer la collaboration et la mise en commun de l'information futures entre les participants de la table ronde et l'ACDI. Dre Dorothy Shaw (porte-parole canadienne du PMNCH) et Mme Rosemary McCarney (Plan Canada) ont convenu de coordonner l'établissement de ce réseau. Les participants se sont encouragés mutuellement à utiliser leurs réseaux respectifs pour tirer parti de groupes s'occupant de SMNE et à susciter une plus grande participation des Canadiens, des députés et des sénateurs. De plus, on a demandé avec insistance que les membres de diverses organisations internationales mettent à profit leur affiliation pour faire en sorte que l'initiative relative à la SMNE poursuive sur sa lancée.