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De la confiture et un gagne-pain pour des haïtiennes

Des femmes travaillent dans une cuisine © ACDI-CIDA/Jean-François Leblanc
Environ 600 femmes du sud-est d'Haïti ont reçu un financement pour redémarrer leurs entreprises paralysées par le tremblement de terre. La transformation de fruits, la vente au marché ou l'élevage de poules sont quelques-unes des tâches qu'elles effectuent.

En périphérie de Jacmel, on peut sentir de nouveau les bonnes odeurs de fruits qui mijotent avec du sucre. Elles avaient disparu depuis le séisme du 12 janvier 2010.

Consciente de l'importance de relancer promptement l'industrie agroalimentaire, l'ACDI finance des projets sociaux, économiques et techniques, par l'entremise du Fonds canadien d'initiatives locales. À la suite du séisme de janvier 2010, ce fonds a été redirigé pour appuyer en priorité des activités de relèvement rapide.

Environ 600 femmes du sud-est du pays ont reçu un financement pour redémarrer leurs entreprises englouties par le tremblement de terre. La transformation de fruits, la vente au marché ou l'élevage de poules sont quelques-unes des tâches effectuées. Les prêts consentis en collaboration avec le ministère haïtien de la Condition féminine et des Droits des femmes permettent à ces femmes de relancer les petites entreprises, mais également de nourrir leur famille et d'envoyer les enfants à l'école.

Les retombées de ces initiatives sont plus que positives, comme le constate Uzale Rumay, qui a fondé avec des collègues il y a 20 ans le regroupement des femmes des Ateliers pilotes agroalimentaires de Meyer (APLADEM). « Les jeunes femmes qui viennent ici reçoivent une formation et elles ont un gagne-pain. Du même coup, elles aident à mettre de la nourriture sur la table et contribuent à payer les frais de scolarité de leurs enfants. »

Dans la cuisine d'Uzale, une douzaine de femmes sont occupées à la transformation de fruits. Certaines pèlent les goyaves, grenadilles et chadèques (un fruit jaune ressemblant au pamplemousse), d'autres font la cuisson et écument dans les chaudrons. Dans cet atelier, on produit de la confiture, de la marmelade et du beurre d'arachide, des denrées que l'on trouvait en grande quantité dans le sud et le sud-est d'Haïti, et même à Port-au-Prince. Pour l'instant, ces produits sont vendus localement dans un petit magasin adjacent à la cuisine. Maintenant que la production a repris, ces femmes pourront d'ici peu étendre leur commerce et recommencer la distribution à l'extérieur de Jacmel.

L'ACDI participe activement à la reconstruction de ces microentreprises si importantes pour les femmes de ce pays, touché non seulement par un tremblement de terre, mais également par des pluies diluviennes et le choléra. L'aide se concrétise notamment grâce au financement, mais également à la participation active de professionnels qui conseillent ces femmes dans des domaines variés. Pour aider les sinistrées, sept projets similaires à celui-ci ont été mis en place dans le sud du pays.

Une femme debout devant une cage à poules © ACDI-CIDA/Jean-François Leblanc
L'appui financier de l'ACDI a permis la mise en oeuvre d'un projet d'exploitation d'un poulailler comptant 50 poules pondeuses, géré par Christiane Doya. Afin d'assurer une production maximale, Mme Doya a reçu une formation donnée par un agronome du ministère haïtien de l'Agriculture. Ainsi, avec d'autres femmes du secteur de Jacmel, elle contribue à approvisionner le marché local en oeufs frais, un produit renouvelable.

Les fonds avancés à ces commerçantes qui ont tout perdu dans le séisme leur ont permis de se réapprovisionner et de reprendre leurs affaires. Avec les bénéfices qu'elles tirent de leur commerce, elles peuvent offrir plus de produits tout en remboursant leur prêt. Le marché est non seulement leur gagne-pain, mais aussi leur moyen de se nourrir, d'aider leur famille, et de prendre une part active à leur collectivité. Elles s'engagent également à rembourser 50 % du montant reçu pour permettre à l'organisation de rejoindre d'autres femmes. L'appui financier de l'ACDI a permis la mise en oeuvre d'un autre projet géré par Christiane Doya, soit l'exploitation d'un poulailler de 50 poules pondeuses. Afin d'assurer une production maximale, Christiane a reçu une formation d'un agronome du ministère haïtien de l'Agriculture qui travaille dans la région. Ainsi, elle et d'autres femmes du secteur de Jacmel contribuent à approvisionner le marché local en produits frais et renouvelables.

Le rôle des bénévoles sur place consiste également à aider ces 600 femmes à faire fructifier cette source de revenus durable. On offre donc des formations gratuites sur la gestion adaptée à leur microentreprise, l'économie de base et la mise en marché de leurs produits.

Plus de 39 projets de ce genre sont en cours, ou sont sur le point d'être mis sur pied. Ils permettront entre autres de former 550 femmes dans le domaine de la gestion d'activité économique et de faire fonctionner 35 ateliers locaux de couture qui serviront à la confection d'uniformes au profit des élèves déplacés.

Les odeurs de fruits embaument l'atelier et la fierté se lit dans les yeux de ces femmes rayonnantes qui retrouvent graduellement la place perdue en raison des catastrophes naturelles.

Profil de projet pour Fonds Bati Lavi


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