Gouvernement du Canada

Agence canadienne de développement international

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Conférence des donateurs sur Haïti

2009-04-15

Washington DC

Je vous remercie.

Monsieur le Président, Madame la Première Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je suis heureuse d'être parmi vous aujourd'hui pour participer à cette conférence très importante.

Comme vous le savez, Haïti a fait face, au fil des ans, à de nombreux défis. Mais aujourd'hui, son plus grand défi est d'entretenir l'espoir à l'intérieur de ses frontières et dans le reste du monde.

Or, j'ai constaté chez tous les intervenants une volonté d'alimenter cet espoir et de redoubler d'efforts pour qu'Haïti puisse aller de l'avant.

Dans le rapport qu'il a remis au secrétaire général des Nations Unies, le professeur Collier s'est montré optimiste pour l'avenir d'Haïti.

Il a expliqué que beaucoup d'éléments positifs lui permettaient d'arriver à cette conclusion.

Et il a présenté un cadre qui a suscité de nombreuses discussions et mis l'accent sur l'importance d'une action concertée.

Et c'est pourquoi le Canada a consacré beaucoup d'énergie à ce processus au cours des trois derniers mois.

Dans le cadre de la réunion technique organisée à Ottawa en mars dernier, le gouvernement haïtien a expliqué aux donateurs quelles étaient ses priorités et a proposé un Pacte de responsabilité mutuelle.

Je tiens d'ailleurs à souligner le leadership exercé par les ministres Bellerive et Dorsainvil, et l'ouverture d'esprit dont ils ont fait preuve dans le cadre des discussions ouvertes et franches sur leurs plans nationaux et sur les mesures nécessaires pour faire avancer le plan d'action en faveur du développement d'Haïti.

Nous avons convenu de la nécessité d'établir des liens clairs entre les divers programmes sectoriels et le Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté.

Et nous avons tous convenu que les propositions haïtiennes devaient être axées sur les résultats et accompagnées d'indicateurs de rendement clairs.

Le gouvernement canadien estime que nous devons être réalistes et nous concentrer sur ce qui est possible à court terme.

Si c'est la croissance économique, alors nous devons concentrer nos efforts sur un nombre restreint de priorités, de façon à obtenir des résultats tangibles.

Nous ne pouvons cependant pas négliger ou même abandonner les objectifs à long terme et la prestation des services de base à la population haïtienne.

Il s'agit de trouver un juste équilibre, de façon à augmenter nos chances d'atteindre nos objectifs communs.

Cela veut dire qu'il faut qu'une meilleure coordination et une cohérence accrue de notre programmation entre les membres de la communauté des donateurs et avec le gouvernement haïtien.

Et nous devrons poursuivre le dialogue ouvert et franc que nous avons établi.

Nous devons participer à l'effort commun et remplir les engagements que nous nous sommes donnés.

Soyons clairs : si les donateurs ne remplissent pas leurs engagements, le succès n'est tout simplement pas possible.

Soucieux de respecter son engagement à long terme à l'égard d'Haïti, le Canada s'est engagé à fournir une aide de plus de 555 millions de dollars sur cinq ans.

Je suis fière de pouvoir dire que nous respecterons cet engagement.

Cependant, même si l'octroi de fonds permet d'espérer la réalisation d'un développement durable, il n'est pas garant d'un tel succès.

Nous devons nous assurer que les fonds versés sont utilisés à bon escient.

Cela signifie que tous les donateurs doivent adhérer aux principes sur l'efficacité de l'aide adoptés à Paris et à Accra et les appliquer.

Le gouvernement du Canada est en train de modifier ses mécanismes de prestation de l'aide pour que celle-ci soit plus efficace, mieux ciblée et plus transparente.

En effet, le Canada a décidé :

  • de délier son aide pour assurer une utilisation optimale des fonds;
  • de concentrer son aide bilatérale dans un plus petit nombre de pays;
  • de déployer plus de ressources sur le terrain, là où elles auront un impact plus important;
  • d'harmoniser son soutien pangouvernemental avec la Stratégie de réduction de la pauvreté d'Haïti.
La conférence d'aujourd'hui nous offre l'occasion de profiter de la conjoncture favorable pour poser des gestes décisifs en Haïti.

La conjoncture ne sera toutefois pas favorable indéfiniment.

En effet, la crise économique mondiale apporte son lot de problèmes à l'intérieur de nos frontières et dans les pays en développement, et nous devons montrer au peuple haïtien et à nos propres citoyens que nous faisons des progrès.

Par conséquent, le moment est venu pour la communauté internationale d'intensifier ses efforts.

Ensemble, nous pouvons obtenir des résultats tangibles par une prestation efficace et transparente de l'aide et par la mobilisation de nouveaux partenaires du développement.

C'est pourquoi le Canada est très optimiste quant au succès de la conférence d'aujourd'hui.

Mais plus encore, nous pensons que cette conférence doit être fructueuse afin de montrer au peuple haïtien et à nos propres citoyens que leur espoir d'un avenir meilleur pour Haïti n'est pas une chimère.

Comme je l'ai déjà dit, le Canada a déployé des efforts considérables pour établir des bases solides pour cette conférence.

Cette conférence ne doit pas être le point culminant de notre travail, mais plutôt le début d'un nouveau processus - une occasion d'aller de l'avant avec optimisme.

Le peuple haïtien nous a montré qu'il était prêt.

Et je félicite le gouvernement d'Haïti pour le leadership dont il a fait preuve dans l'établissement des priorités et l'élaboration des plans nationaux.

Si le peuple haïtien est prêt à aller de l'avant, la communauté internationale doit être disposée à l'accompagner.

C'est à elle de se mobiliser et de se concerter, de saisir l'occasion de prouver au peuple haïtien qu'elle est prête à l'aider à concrétiser son rêve d'un avenir meilleur.

Merci.