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Partager l'eau de la vie

Des femmes au bords du fleuve du Nil © ACDI-CIDA/David Barbour
L'Initiative du bassin du Nil permet de développer des outils et des connaissances, pour faire en sorte que toutes les collectivités qui se partagent le fleuve puissent le protéger et le mettre en valeur.

Dix pays collaborent pour protéger le fleuve le plus long du monde

Pour les agriculteurs vivant dans la vallée du Nil, pour les pêcheurs qui s'approvisionnent dans les lacs de la région, pour les industries implantées le long de ses rives et pour les millions de personnes qui y puisent de l'eau pour boire, se laver et maintenir en vie leurs cultures ou leur bétail, le Nil est synonyme de vie. Il n'est donc pas étonnant que cette précieuse ressource soit de plus en plus recherchée. Certains pays du bassin du Nil figurent parmi les dix pays les plus pauvres du monde, et plus de la moitié de leurs habitants vivent avec moins de 1 $US par jour.

Le potentiel du Nil — que l'on pense à l'irrigation, à l'hydroélectricité, à la pêche, au tourisme, au commerce ou à la navigation — est aussi gigantesque que les défis qui le guettent. En effet, 300 millions de personnes vivent dans les pays qui bordent le fleuve, et leur nombre devrait doubler au cours des 25 prochaines années. C'est pourquoi les pays de la région doivent collaborer pour partager les bienfaits du Nil et en protéger les eaux, tant à l'intérieur qu'au-delà de leurs frontières.

En effectuant un long périple de 6 825 kilomètres, le Nil et ses affluents longent des montagnes, traversent des forêts tropicales et des terres boisées, passent par des lacs et des marécages, et pénètrent des savanes et des déserts. Le fleuve traverse les frontières du Rwanda, de la Tanzanie, du Burundi, du Kenya, de la République démocratique du Congo, de l'Ouganda, de l'Érythrée, de l'Éthiopie, du Soudan et de l'Égypte.

Le Canada a été l'un des premiers et ardents partisans de l'Initiative du bassin du Nil, un partenariat conclu entre les dix pays qui bordent le Nil afin de mettre le fleuve en valeur de façon plus concertée, de partager les importantes retombées socioéconomiques et de promouvoir la paix et la sécurité dans cette région. Un accord historique intervenu en 1999 a jeté les bases d'un programme dynamique et ambitieux dirigé par les Africains et appuyé par de nombreux donateurs, dont le Canada et la Banque mondiale.

Jusqu'à présent, les dix pays se sont entendus sur une vision commune, en plus d'avoir renforcé la communication, la confiance et la coopération entre les pays du bassin du Nil et la société civile, et augmenté le commerce et les investissements transfrontaliers. Ils ont aussi mobilisé des investissements supplémentaires de 700 millions de dollars, entre autres pour réaliser des projets d'irrigation en Éthiopie et en Égypte, pour construire un barrage hydroélectrique aux chutes Rusumo (au Rwanda, en Tanzanie et au Burundi) et pour maîtriser les inondations dans l'Ouest du Kenya.

Dans le cadre de l'Initiative du bassin du Nil, les dix pays abordent également des enjeux critiques liés au bassin hydrologique, comme la qualité de l'eau, l'utilisation de l'énergie, l'agriculture, l'éducation et la conservation des terres, y compris la désertification. Le Canada est le deuxième plus important donateur au Fonds d'affectation spéciale pour le bassin du Nil. Sa contribution s'élève à 46,6 millions de dollars et appuie des projets visant à accroître la sécurité alimentaire, l'intégration régionale et la croissance économique, ainsi qu'à renforcer les institutions.

Il reste d'énormes difficultés à surmonter, y compris la conclusion d'un accord juridique pour orienter l'utilisation, la mise en valeur, la protection, la conservation et la gestion du bassin du Nil et de ses ressources. Même après dix ans de coopération accrue, les pays sont encore divisés quant au cadre juridique. Cette situation n'est pas rare : il est souvent arrivé que les gouvernements dialoguent pendant 30 à 50 ans avant d'en arriver à un accord définitif.

Le saviez-vous?

Le bassin hydrologique du Nil s'étend sur 3,35 millions de kilomètres carrés, soit une distance plus grande que celle qui sépare le Manitoba et Terre-Neuve.

Le Canada, de concert avec la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le développement, a été reconnu comme « partenaire collaborateur » grâce aux efforts qu'il déploie depuis longtemps pour favoriser le dialogue et la collaboration entre les dix pays qui participent à l'Initiative. Le développement durable du bassin du Nil aidera à réduire la pauvreté et à fournir plus de nourriture, d'énergie, d'eau et d'emplois.