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L'éducation des filles

Une prophétie qui se réalise ?
Combler le fossé qui existe entre les sexes
Ce que vous pouvez faire

Une jeune fille qui prend des notes © ACDI-CIDA/David Trattles
Cette jeune fille participe au projet sur les soins de santé et la prévention pour les enfants et les adolescents de la rue que mène Casa Esperanza et que finance l'ACDI à Panama.
Ce matin, la chaleur tropicale enveloppe déjà l'île de Java, en Indonésie. Anis, une fillette de dix ans, descend d'un vélo taxi. Elle rejoint ses amies pour franchir la porte de l'école où elle commence sa cinquième année. La mère de la fillette a dû quitter l'école à dix ans pour aider financièrement sa famille en vendant du tofu maison. Anis habite, avec ses parents et d'autres membres de sa famille élargie, une petite maison au plancher en terre battue. Ses parents ont économisé sur tout afin de réunir la somme nécessaire pour payer ses frais de scolarité, ses livres et son uniforme. Ils partagent son rêve de devenir un jour médecin.

Au Canada, l'enseignement primaire est presque gratuit et les enfants sont obligés de fréquenter l'école. Mais dans de nombreux pays, aller à l'école est un privilège, en particulier pour les filles. Dans les pays en développement, plus de 113 millions d'enfants - dont près des deux tiers sont des filles - n'ont pas accès à l'éducation formelle. De tous les écoliers qui commencent l'école, un tiers abandonnent les études avant la cinquième année. Et là encore, ce sont pour la plupart des filles.

Pourtant, investir dans l'éducation des filles est la façon la plus efficace de réduire la pauvreté. Les filles qui ont fréquenté l'école se marient plus tard. Elles ont des enfants en moins grand nombre et ces derniers sont en meilleure santé. Elles sont mieux armées pour s'occuper de leurs enfants et assurer la subsistance de leur famille. Et elles sont plus susceptibles d'envoyer leurs propres enfants à l'école.



Une prophétie qui se réalise ?

La discrimination à l'endroit des filles commence très tôt. Les coutumes accordent souvent la préférence aux garçons. Si les parents n'ont pas les moyens de payer des études à tous leurs enfants, seuls les garçons fréquenteront l'école. Si les collectivités sont trop démunies pour construire des écoles distinctes pour les filles et pour les garçons, alors elles le feront pour ces derniers seulement. Les fillettes doivent souvent faire des travaux ménagers et assumer des responsabilités domestiques qui leur laissent peu de temps pour l'école. Et les familles frappées par le VIH/sida comptent habituellement sur les filles pour accomplir les tâches des adultes malades.

Les parents sont souvent incapables de payer les frais de scolarité et d'acheter les livres et les uniformes. Les services d'appui aux étudiants, particulièrement pour la garde des enfants et le transport, sont coûteux et rares. Même si, en dépit de tous ces obstacles, les fillettes vont à l'école, elles abandonnent souvent les études parce que le système d'enseignement ne répond pas à leurs besoins. Les enseignants, les programmes d'études et les manuels scolaires renforcent souvent les stéréotypes liés aux sexes. Le manque de femmes dans le corps enseignant peut se traduire par un sentiment d'insécurité chez les fillettes. Les équipements sanitaires sont parfois inexistants à l'intérieur ou à proximité de l'école. Les écolières sont particulièrement susceptibles d'être victimes de harcèlement sexuel ou émotionnel.


« Investir dans l'éducation des filles est la façon la plus efficace de réduire la pauvreté. »


Combler le fossé qui existe entre les sexes

L'Agence canadienne de développement international (ACDI) considère que l'éducation de base fait partie des droits de la personne. C'est également ce que stipule la Convention relative aux droits de l'enfant(article 28). Depuis plus de 30 ans, l'ACDI appuie l'éducation des filles dans les pays en développement. Le Plan d'action de l'ACDI en matière d'éducation de base précise les objectifs internationaux auxquel l'Agence
adhère :
  • assurer à tous l'accès à une éducation primaire gratuite et obligatoire d'ici 2015;
  • éliminer les disparités en fonction du sexe aux niveaux primaire et secondaire d'ici 2005;
  • améliorer la qualité de l'éducation de base pour tous les apprenants.
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Deux enfants qui regardent un livre © ACDI-CIDA/Peter Bennett
Des élèves de l'École primaire Nyakayojo à Mbarara, en Ouganda. Cette école a reçu des fonds de l'organisation ougandaise Natural Resource Management Forum et de l'ACDI pour améliorer ses installations.
Dans le secteur de l'éducation, on constate que c'est en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que le fossé entre les sexes est le plus grand. Dans les régions rurales du Bangladesh, paru dans la publication de l'ACDI intitulée Citoyens du monde à l'oeuvre, printemps 2000., par exemple, plus de 85 % des gens sont illettrés. On néglige les fillettes dès un très jeune âge. C'est pourquoi l'ACDI offre une éducation de base non formelle aux enfants âgés entre 8 et 10 ans, parmi lesquels on compte 70 % de filles. Les cours se donnent à proximité de la maison et ne durent que trois heures par jour. Ainsi, même si on a besoin d'elles à la maison, les filles peuvent aller à l'école. Près de 90 % des 1,2 million d'enfants qui complètent ce programme poursuivent leurs études dans des écoles gouvernementales régulières.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, le fossé entre les sexes est moins prononcé. En fait, on observe même dans certains pays que les filles sont plus nombreuses que les garçons sur les bancs d'école. Ici, les problèmes les plus préoccupants sont les stéréotypes liés au sexe dans les programmes d'études et le nombre réduit de femmes qui peuvent être des modèles d'identification pour les filles. Afin de faire évoluer les choses, l'ACDI contribue à améliorer la formation des enseignants, les programmes et le matériel pédagogique et à sensibiliser le public. Par exemple, dans les régions éloignées du Guyana, paru dans la publication de l'ACDI intitulée Citoyens du monde à l'oeuvre, avril 2001 (numéro spécial sur l'éducation)., au coeur de la forêt tropicale humide, là où les rivières se substituent aux routes, les amérindiennes enseignent aux enfants de leur propre collectivité, puisant dans leur maigre bagage scolaire. L'ACDI offre à ces femmes une formation professionnelle pour leur permettre de devenir des enseignantes accréditées. Garçons et filles bénéficient de cette initiative parce qu'ils n'ont pas à quitter leur foyer pour trouver une vie meilleure.

Ailleurs, on utilise des techniques différentes. En Afghanistan, sous le régime taliban qui interdisait aux femmes d'enseigner et aux filles d'aller à l'école, des cours étaient offerts à la radio à l'intention de ces dernières. En Zambie, paru dans la publication de l'ACDI intitulée Citoyens du monde à l'oeuvre, printemps 2000, en Afrique australe, on a établi des camps locaux pour enseigner aux filles. Le coût de l'éducation de base n'a pas à être prohibitif. En fait, le coût lié au manque d'éducation des filles est beaucoup trop élevé pour qu'on se désintéresse de la question.

Alphabétisme

En Haute-Égypte, berceau de l'écriture, plus de 70 % des filles ne peuvent ni lire ni écrire. Dans des collectivités éloignées de l'arrière-pays disséminées le long du Nil, l'ACDI a contribué à l'établissement d'écoles communautaires. Ces écoles offrent aux enfants, spécialement aux filles, la possibilité d'apprendre dans un environnement créatif axé sur l'enfant. Il s'agit souvent de simples baraques ou d'une pièce dans une maison au plancher en terre battue. Mais, décorées avec les créations artistiques des enfants, ces écoles aux noms évocateurs - tels que Rayon de soleil, Lumière ou Paradis - sont pleines de vie. La plupart des enfants qui quittent ces écoles avec un diplôme en poche poursuivent leurs études.

Cette approche s'est avérée tellement fructueuse que le gouvernement égyptien a repris la formule dans plus de 2 000 écoles à classe unique du pays. Ces écoles, conçues dans le respect des besoins des filles, contribuent à réduire les taux d'analphabétisme enregistré pour ce groupe et à changer l'attitude des parents et de la société dans son ensemble.


Ce que vous pouvez faire
  • Informez-vous. Renseignez-vous sur la nécessité d'éduquer les filles.Visitez le site jeunesse de l'UNICEF, où on aborde la question de l'éducation des filles (en anglais seulement).
  • Mettez la main à la pâte. Travaillez comme volontaire auprès d'une ONG canadienne qui oeuvre à l'éducation des filles des pays en développement Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) ou Oxfam Canada (en anglais seulement). Ou encouragez l'alphabétisation au sein de votre collectivité - visitez World Literacy of Canada (en anglais seulement).
  • Apportez votre contribution. Appuyez la Campagne mondiale pour l'éducation (en anglais seulement) ou encore la marche mondiale pour l'éducation des filles (en anglais seulement).
  • Mais avant tout, mettez à profit l'éducation et que vous avez eu la chance de recevoir!

Pour visionner le vidéo, vous avez besoin du logiciel Real Player.

Ce film vidéo nous dévoile ce qui se déroule dans une maison près de Kaboul, en Afghanistan, où des enseignants volontaires font la classe aux élèves. Intitulé « COPE », ce projet d'école à classe unique financé par l'ACDI est mis en oeuvre par CARE. Il s'adresse aux jeunes filles à qui on refusait tout type d'éducation sous le régime taliban. Chaque jour, durant quatre heures, ces jeunes Afghanes peuvent maintenant apprendre sur les bancs de l'école.

Durée du vidéo : 32 secondes